Recueil de témoignages de jeunes et d'une formatrice
Durant l'année scolaire 2024/2025, deux formatrices des Ceméa se sont déplacées sur des séances du dispositif EAE afin de recueillir des retours d'expériences d'élèves et d'enseignants volontaires. Ce recueil de témoignages a été réalisé dans une classe de seconde dans une MFR du Calvados en 2025, sur la thématique Inclusion/Discrimination. Les prénoms des personnes interviewées ont été modifiés afin de garantir leurs anonymats.
Durant l'année scolaire 2024/2025, deux formatrices des Ceméa se sont déplacées sur des séances du dispositif EAE afin de recueillir des retours d'expériences d'élèves et d'enseignants volontaires. Ce recueil de témoignages a été réalisé dans une classe de seconde dans une MFR du Calvados en 2025, sur la thématique Inclusion/Discrimination. Les prénoms des personnes interviewées ont été modifiés afin de garantir leurs anonymats.
Témoignage de Samantha
Formatrice : En quoi c’est important pour toi de parler de discrimination ?
Samantha : C’est important parce qu’il faut en parler et aussi parce qu’on ne sait pas forcément dès fois dans quelle situation on vit de la discrimination, et là on nous explique mieux et on sait mieux la raison, pourquoi c’est de la discrimination.
Formatrice : Est-ce que tu vois un lien avec ta formation ?
Samantha : Oui, moi qui suis dans le service à la personne, je travaille avec les personnes âgées, j’ai pas envie de discriminer mes collègues ou mes patients, et même en classe, c’est important de ne pas faire de la discrimination avec les autres.
Formatrice : Que penses-tu des résultats du questionnaire ?
Samantha : Sur les trois classes, je trouve qu’on a tous le même avis, par exemple au niveau du temps d’écran.
Formatrice : il était mentionné que plus de la moitié des élèves souhaitent passer moins de temps sur leur smartphone selon les résultats du questionnaire. Qu’en penses-tu ?
Samantha : Je pense que c’est important de lâcher un peu les écrans pour profiter avec les autres et se libérer l’esprit aussi. On voit certaines choses sur Internet, sur les réseaux, des fois c’est pas positif.
Formatrice : Il était indiqué qu’environ ¼ des participants rencontraient des insultes, moqueries ou fausses informations. Qu’en penses-tu ?
Samantha : C’est vrai, des moqueries j’en vois souvent sur les réseaux sociaux et des fausses informations aussi. Je vois très souvent des moqueries. Je suis sur Tiktok, Instagram et Snapchat.
Formatrice : Sur quels réseaux sociaux vois-tu le plus souvent des moqueries ?
Samantha : Je dirais Tiktok.
Témoignage de Céline
Formatrice : Trouve 2 mots qui définissent la séance.
Céline : Intéressant parce que même si c’est quelque chose qu’on nous rabâche tout le temps à l’école, on en apprend plus à chaque fois. Je trouve ça aussi super, même si certains ne vont pas toujours prendre ça au sérieux, et vont toujours discriminer, continuer à être méchants.
Formatrice : Quels sujets aimerais-tu approfondir à côté ?
Céline : Les réseaux sociaux. Y a des moments où on ne se rend pas compte mais les réseaux sociaux sont ravageurs sur la santé mentale de tout le monde et surtout des jeunes. Puis il y a aussi l’algorithme. On tombe par exemple sur un Tiktok un peu triste, on va seulement le voir ou le liker une fois, bah on va tomber sur plein de vidéos de ce genre, et parfois c’est encore pire. Du coup notre santé mentale va se dégrader encore plus. Il y a aussi les haters, les personnes qui sont toujours là pour critiquer. Et au bout d’un moment ça va être de pire en pire. Et puis il y a aussi des moments où on va se rendre compte que les réseaux sociaux sont la cause de notre mal-être. Je trouve que c’est la cause du mal-être de beaucoup de personnes et je pense que c’est un sujet à traiter au sérieux.
Témoignage de Clara
Formatrice : Trouve 2 mots qui définissent la séance.
Clara : Drôle et intéressant. Les vidéos que l’on a regardées, c’était un peu marrant (pub coloriera), quand elle a mis la tête dans la machine à laver. Intéressant parce que je ne pensais pas qu’il y avait autant de cas de discriminations, je me coucherai moins bête ce soir. Il y a une bonne ambiance aussi.
Formatrice : Quels sujets aimerais-tu approfondir à côté ?
Clara : J’aurais aimé que l’on parle plus des réseaux sociaux, de voir les dangers, car je trouve qu’on n’en a pas beaucoup parlé.
Formatrice : Quel exemple de danger aimerais-tu approfondir ?
Clara : Sur Tiktok, quand les gens disent que c’est l’algorithme qui est pas bien mis en place et qui amènerait sur du contenu problématique. Je pense aux haters, des gens qui critiquent en permanence. Par exemple, je suis sur Tiktok une personne qui est devenue maman à 18 ans, et on la critique parce qu’elle ne sait pas comment s’occuper de son enfant. Mais les gens qui critiquent ils ne peuvent pas voir comment c’est dur. Au pire vous avez qu’à tomber enceinte et voir ce que ça fait. Bah moi j’aime pas.
(Lana et Yasmine sont d’accord sur l’intérêt qu’elles portent sur la question des conséquences de l’usage des RSN sur la santé mentale, et sur la volonté de découvrir des études sur le sujet).
Témoignage de la formatrice et responsable de classe
Formatrice : Que penses-tu du rythme des séances ?
Responsable : Alors du coup au niveau de la première question. Moi je préférerais avoir plus de séances moins longues. Mais effectivement, j'ai bien conscience que lorsqu'un animateur CEMEA se déplace, se déplacer pour une heure et demie, c'est un peu ...forcément dans l'organisation et la planification. Ce serait compliqué pour l'ensemble des lycées qui sont concernés, mais en tout cas, moi je pense que pour nos jeunes, avoir plus de séances moins longues, ce serait peut-être plus intéressant, mais parce que ça ferait des rappels plus réguliers. Je parle pour ma paroisse, puisque, effectivement, moi, j'ai trois, trois groupes concernés, trois classes concernées, avec des thématiques différentes, et on pourrait s'arranger pour faire venir les animateurs qui fassent les trois groupes dans une même journée, mais sur des séances plus courtes. Parce que j'ai bien conscience que pour les élèves, trois heures c'est long. Pour le public, on accueille en tout cas trois anciens.
Formatrice : Est-ce que les supports pédagogiques te paraissent pertinents ? Adaptés ?
Responsable : Complètement. Les supports sont : variés, sont intéressants, sont directement en lien avec ce qui leur parle à eux, sont pris sur des supports qui sont réels et non pas imaginés ou inventés. Donc, forcément, ça leur parle directement et ça ajoute de la crédibilité à ce qui est raconté et proposé par les animateurs. Non, je trouve ça très bien, les supports. Moi, je ne changerai pas. Les ateliers proposés, c'est pareil. Je ne changerai pas non plus. Je garderai ça au niveau du groupe classe et des élèves.
Formatrice : Qu’as-tu pu observer sur les élèves et le groupe-classe durant la séance ?
Responsable : Durant la séance, je retrouve ni plus ni moins les caractéristiques qu'ils ont en salle de classe et en cours. Ce qu'on entend en salle de classe, on ne les entendra pas plus sur des séances d'animation et c'est pas dû à l'animateur, c'est juste dû à la personnalité des élèves et ceux qui ont tendance à prendre la parole et à être un peu meneur dans la classe.