La signalétique jeunesse de l’Arcom et l'exposition des mineurs aux contenus inappropriés
Évaluation de la campagne signalétique jeunesse de l’Arcom,
Évaluation de la campagne signalétique jeunesse de l’Arcom,
Contexte et objectifs
L’Autorité de régulation de la communication audiovisuelle et numérique (Arcom) mène chaque année une campagne de sensibilisation sur la signalétique jeunesse, visant à informer les familles et à encourager une vigilance accrue quant aux contenus médiatiques accessibles aux mineurs. Menée en collaboration avec l’institut d’études Ifop, l’étude réalisée en 2024 a pour double objectif :
- Évaluer l’impact de la campagne en mesurant la compréhension et l’adhésion des publics à cette signalétique.
- Analyser les pratiques médiatiques des mineurs et leur exposition à des contenus inappropriés, notamment violents, pornographiques ou incitant à des comportements à risque.
Méthodologie
L’étude repose sur une approche mixte, combinant :
- Une enquête quantitative menée auprès d’un échantillon représentatif de parents et d’enfants âgés de 8 à 16 ans.
- Des entretiens qualitatifs pour approfondir la perception et les usages des familles face aux dispositifs de protection existants.
Principaux résultats
1. Des pratiques médiatiques en constante évolution
- Temps d’écran élevé : Les enfants de 8 à 16 ans passent en moyenne 3h12 par jour devant des écrans (télévision, plateformes de streaming, réseaux sociaux et jeux vidéo).
- Multiplication des supports : 75 % des mineurs disposent de leur propre smartphone avant l’âge de 12 ans, facilitant un accès autonome aux contenus en ligne.
- Prépondérance des réseaux sociaux : TikTok, YouTube et Snapchat sont les plateformes les plus utilisées, avec une consommation accrue de vidéos courtes et de contenus générés par les utilisateurs.
2. Une exposition persistante à des contenus inappropriés
- 37 % des enfants interrogés déclarent avoir été exposés à des contenus violents, et 23 % à des contenus à caractère sexuel, souvent sans en avoir fait la démarche active.
- Les algorithmes de recommandation jouent un rôle clé dans cette exposition, notamment sur les réseaux sociaux et les plateformes de streaming.
- Un déficit de contrôle parental : seulement 32 % des parents déclarent utiliser un dispositif de filtrage ou de contrôle parental sur les écrans de leurs enfants.
3. Une signalétique jeunesse encore insuffisamment connue et appliquée
- 56 % des parents affirment connaître la signalétique jeunesse (+4 points par rapport à 2023), mais seuls 42 % y prêtent une attention systématique.
- Sur les plateformes numériques, la visibilité des classifications d’âge reste limitée, et les parents se sentent souvent démunis face à la diversité des contenus accessibles.
Recommandations et perspectives
L’étude souligne la nécessité de renforcer les actions de sensibilisation et de protection à travers plusieurs leviers :
- Amélioration de la visibilité et de la compréhension de la signalétique jeunesse, notamment sur les plateformes de streaming et les réseaux sociaux.
- Renforcement du rôle des parents, avec des outils pédagogiques et un accompagnement sur l’usage des dispositifs de contrôle parental.
- Encadrement plus strict des algorithmes de recommandation, afin de limiter l’exposition involontaire des mineurs à des contenus inappropriés.
- Poursuite du dialogue avec les acteurs du numérique et de l’audiovisuel, pour une meilleure régulation des contenus accessibles aux jeunes publics.
Conclusion
L’étude met en évidence une évolution rapide des usages médiatiques des mineurs, avec une autonomie croissante dans leur consommation de contenus en ligne. Si la signalétique jeunesse progresse en termes de notoriété, son appropriation par les familles demeure inégale. Face à une exposition persistante aux contenus inappropriés, l’Arcom souligne l’importance d’un effort conjoint entre régulateurs, plateformes numériques et parents pour renforcer la protection des jeunes publics.
Source Arcom : publiée le 20 novembre 2024.