Acteurs éducatifs Mise à jour le : 21/04/2025

Les pratiques numériques des jeunes - Rapport 2024 de l'OPNAN

L’Observatoire produit des données qui permettent de comprendre à la fois la richesse des pratiques numériques juvéniles, leur diversité - tant en termes d’information que de sociabilité et de publication - et les difficultés qu’ils et elles peuvent rencontrer sur les plateformes numériques. 

Chaque année quelques nouvelles questions sont introduites ou modifiées dans le questionnaire, mais nous conservons une base stable qui nous permet de faire des comparaisons et de suivre des évolutions. 


Pour ce rapport 2024, nous innovons notamment avec une question relative aux influenceurs que les adolescents suivent sur les réseaux socionumériques.

Ce dixième rapport explore 7 dimensions des pratiques numériques adolescentes, en 7 articles. 

  • L’équipement numérique des adolescents et la place dominante du smartphone ;
  • La richesse et la diversité des usages numériques ;
  • 
Un portefeuille de Réseaux SocioNumériques toujours plus étoffé ;

  • Les pratiques informationnelles et l’éducation aux médias et à l’information ;
  • Les pratiques des jeux vidéo en ligne ;
  • 
L’exposition persistante aux violences numériques ;
Les pratiques de protection de la vie privée

     

Vous pouvez télécharger la totalité du rapport dans la rubrique du site :
https://educationauxecrans.fr/lobservatoire-des-pratiques-numeriques-des-jeunes-en-normandie
 
Voici quelques extraits…

La place dominante du smartphone dans l’équipement numérique des adolescents 
Les jeunes en classe de seconde disposent à 98% d’un smartphone. C’est l’équipement le plus répandu, qui leur sert le plus souvent à se connecter à internet chez eux. 
L’ordinateur reste un équipement très présent néanmoins dans les environnements des adolescents. L’échantillon de cette année en dispose légèrement plus, avec un léger avantage pour les filles (91% vs 88% pour les garçons).

Vigilances parentales 
L’intensité des usages d’internet et du smartphone fait partie des inquiétudes des parents. 
31% des élèves en seconde générale reconnaissent que leurs parents leur demande de ne pas se connecter en permanence et 28% de limiter à certains moments leurs usages de leur smartphone. La proportion est plus faible dans les filières professionnelles (21% pour internet, 18% pour le smartphone). Ce niveau de vigilance des parents augmente légèrement par rapport à l’année précédente, sans être bouleversé 

Richesse et diversité des usages de l’internet 
Les usages de l’internet viennent remplacer mais surtout compléter et diversifier les usages des autres médias, télévision, jeu vidéo, radio. 
Les usages sont d’abord culturels : écouter de la musique, regarder des séries, des films, des vidéos courtes, tellement présentes sur les plateformes de réseaux sociaux. Les usages des plateformes sont donc d’abord audiovisuels. 


Les échanges conversationnels : la préférence pour les messageries instantanées et les réseaux socionumériques 
Les usages de l’internet sont aussi des usages liés à la sociabilité, c’est pour être en lien ininterrompu avec les autres, celles et ceux de son groupe de pairs, avec sa famille éloignée, avec d’autres qui partagent des goûts que les adolescent.es se rendent si fréquemment sur leurs smartphones et leurs réseaux socionumériques. Mais cela ne signifie pas qu’ils y publient beaucoup. 

Un sentiment de liberté sous contrainte sur les espaces numériques 
Sur les plateformes numériques, les adolescents apprécient de pouvoir échanger plus facilement avec les autres, tout en étant conscient pour la plupart d’entre elles et d’entre eux, qu’il faut faire attention à ce qu’elles et ils publient.

Un portefeuille de réseaux socionumériques toujours plus étoffé 
Le nombre de comptes de réseaux sociaux investis par les adolescents est cette année encore, en progression chez les adolescents. 
En 2024, garçons et filles ont en moyenne sept comptes, alors que l’an dernier la moyenne s’établissait aux environs de six. 

 

Une inscription sur les RSN toujours plus précoce 
L’accès aux réseaux sociaux est de plus en plus précoce. 
En 2020, 12% des filles et 8% des garçons créaient leur compte TikTok à 11 ans ou avant. 
En 2023, nous avions signalé la forte progression des ouvertures précoces de compte TikTok qui avaient plus que doublé chez les filles (25%) mais semblait rester stable chez les garçons (7%). En 2024 la proportion d’ouvertures précoces de comptes progresse encore chez les filles (à 29%) mais bondit littéralement chez les garçons (17%, soit + 10 points). 
Une fille sur deux a ouvert son compte TikTok avant 13 ans (50%) contre quatre garçons sur dix (38%). 

Des pratiques informationnelles ancrées sur les pratiques familiales. 
Contrairement aux idées reçues, la quasi-totalité des adolescents en classe de seconde considèrent qu’ils s’informent de l’actualité (95%). 
Leurs sources principales restent les mêmes que l’an passé. La première est la discussion avec la famille (95%) ; la discussion avec les amis (92%). Viennent ensuite les médias, réseaux socionumériques (84%), Télévision (88%), radio (51%), fils d’actualité (49%), sites d’information (45%). 

La « majorité numérique » : un principe inconnu de la majorité des jeunes 
Au titre de la protection de l’adolescence plusieurs lois ont proclamé une « majorité numérique ». La notion manque de clarté, car les plateformes basées en Californie la situe à 13 ans, pour la participation aux réseaux sociaux ou aux plateformes de jeu, tandis que la loi française la situe à 15 ans, tout en permettant aux parents d’exercer un contrôle plus strict jusqu’à 18 ans, s’ils le souhaitent. 
Pour les adolescents, la notion est plus que floue. 38% des jeunes n’ont pas répondu à cette question, et 30 % ont répondu qu’ils ne savaient pas ce qu’elle signifiait. 
Seuls 26% ont fait le lien avec une mesure de protection pour les plus jeunes.

Exposition forte à des contenus discriminatoires et violents 
Nous observons que le niveau des contenus violents qui circulent sur leurs réseaux socionumériques, sans les concerner directement, reste très haut. 
Les contenus qui les choquent sont d’abord des contenus haineux et discriminatoires, visant des formes de handicaps, ou de normes corporelles, c’est aussi des discriminations en raison du genre, ou de l’orientation sexuelle, mais aussi aux croyances et aux origines culturelles. Si les filles sont plus sensibles à ces formes de violences, les garçons déclarent être exposés davantage encore aux contenus violents extrémistes ou sexuels.