Acteurs éducatifs Mise à jour le : 11/06/2025

La représentation des intérêts des GAFAM depuis 2020

Analyse publiée le 3 avril 2025 par la Haute Autorité pour la transparence de la vie publique (HATVPOn y étudie la manière dont les GAFAM entendent influencer la décision publique.

Les cinq entreprises composant les GAFAM (Google/Amazon/Facebook/Apple/Microsoft) sont toutes inscrites au répertoire des représentants d’intérêts et y déclarent leurs activités annuellement. Grâce à ces données accessibles à tous il est possible de mieux comprendre l’activité de représentation d’intérêts de ces acteurs, leurs pratiques et leurs enjeux. 

Eclairage sur la manière dont les GAFAM entendent influencer la décision publique, l’évolution de leurs activités de représentation d’intérêts au fil des quatre dernières années et les enseignements généraux qu’il est possible d’en tirer.

 

Que font les GAFAM pour influencer les lois en France ?

Depuis 2020, les grandes entreprises qui veulent influencer les lois doivent déclarer leurs actions auprès d’un registre officiel. Ces infos permettent à une autorité indépendante d’analyser qui essaie de peser sur les décisions politiques, sur quels sujets et comment.

Les GAFAM (Google, Apple, Facebook/Meta, Amazon et Microsoft) sont particulièrement surveillés. Chaque année, ils déclarent ce qu’ils font pour défendre leurs intérêts en France, que ce soit en leur nom propre ou via des agences spécialisées.

Entre 2020 et 2024, 533 déclarations ont été faites par les GAFAM ou leurs représentants.

 

Google : le champion du lobbying

Parmi tous les GAFAM, Google est celui qui a fait le plus de lobbying : 247 déclarations en 4 ans.


Mais tout d’abord, faire du lobbying c’est quoi ? Faire du lobbying, c’est chercher à influencer les décisions politiques ou législatives pour défendre ses intérêts. C’est essayer de convaincre des élus, des ministères ou des institutions publiques de prendre des décisions (lois, règlements, budgets…) qui vont dans le sens de ce qu’on souhaite. Ça peut concerner une entreprise, une association, un syndicat, etc.Le lobbying est légal, mais il doit être déclaré et transparent, surtout quand il s’agit d’influencer des lois au niveau national ou européen.)


Les autres sont loin derrière :

Amazon : 118 déclarations

Facebook : 85

Microsoft : 56

Apple : 27

Et ce, alors que Microsoft gagne 4 fois plus d’argent que Google en France, mais fait moins d'efforts pour influencer les lois.

 

En direct ou par des prestataires ?

En général, Google, Microsoft et Apple font eux-mêmes leurs démarches.
En revanche, Facebook et Amazon passent plus souvent par des agences ou des cabinets spécialisés.

 

Une tendance en forte hausse

Les actions de lobbying des GAFAM ont beaucoup augmenté :

88 en 2020

100 en 2021

158 en 2022

187 en 2023

Google est le principal responsable de cette hausse : il est passé de 31 déclarations en 2020 à 112 en 2023.

Les autres entreprises restent plus stables, sauf en 2022, où certaines ont été très actives, notamment pendant les débats autour des lois sur la cybersécurité, le contrôle parental ou à l’approche des élections.

 

De plus en plus d’argent en jeu

Les budgets alloués à ces actions sont aussi en hausse. Même si on ne connaît pas les montants exacts, on voit bien que les GAFAM dépensent de plus en plus pour défendre leurs intérêts auprès des décideurs publics.

 

Ce qui les intéresse le plus

Les GAFAM se sont beaucoup mobilisés sur deux lois européennes votées en 2022 :

Le Digital Markets Act (DMA), qui cherche à limiter l’abus de position dominante.

Le Digital Services Act (DSA), qui encadre la gestion des contenus en ligne.

Ces deux textes ont été adaptés à la loi française en 2023 grâce à la loi SREN, qui touche à plusieurs sujets : cybersécurité, protection des données, lutte contre le harcèlement, etc.

En conclusion, les GAFAM, et surtout Google, intensifient leurs actions de lobbying en France. Cette transparence permet de mieux comprendre leur influence sur les lois, notamment autour des enjeux numériques majeurs.

Source : Haute Autorité
pour la transparence
de la vie publique