Acteurs éducatifs Mise à jour le : 11/01/2026

Recueil de témoignages d'élèves

Durant l'année scolaire 2024/2025, deux formatrices des Ceméa se sont déplacées sur des séances du dispositif EAE afin de recueillir des retours d'expériences d'élèves et d'enseignants volontaires. Ce recueil de témoignages a été réalisé dans une classe de première et de seconde en gestion d'entreprise hippique de la Manche en 2025. Les prénoms des personnes interviewées ont été modifiés afin de garantir leurs anonymats. 

Témoignage de Lucas

Formatrice : Alors donc, ici, je vais poser la question « cite une information qui t'a marqué ».

Lucas : Une information qui m'a marqué c’est WhatsApp. C'est le deuxième réseau le plus utilisé en France.

Formatrice : Et pourquoi ça te surprend ?

Lucas : Parce que, pour moi, whatsApp, tous les gens que je connais, ils l’utilisent pas beaucoup.

Formatrice : Ok.

Lucas : A part peut-être la famille, mais…

Formatrice : Et toi, est-ce que tu l'utilises ?

Lucas : Que très peu, dans les groupes familiaux.

Formatrice : Ton réseau social favori pour communiquer, c'est lequel ?

Lucas : Snapchat ou Messenger pour la famille surtout.

Formatrice : Ok. Ça marche, t’es sur les deux en même temps mais Messenger plus pour la famille, ou …

Lucas : Messenger pour la famille et Snap pour les amis.

Formatrice : Ok, ça marche. Et la dernière question que je voulais te poser : penses-tu que le contenu soit adapté à ton public ?

Lucas : Oui, parce que ça parle des réseaux, de téléphone c’est ce qu’on utilise, nous, les jeunes. C'est ce qu'on a tous les jours dans nos poches tout le temps, donc c’est adapté.

Formatrice : Et tu trouves que c'est pertinent, effectivement, qu'on en parle, qu'on vienne en discuter avec vous ?

Lucas :  Oui ça permet d'ouvrir les yeux sur certains sujets.

Formatrice : T'as des sujets en particulier ou tu estimes qu’il faudrait ouvrir les yeux ?

Lucas : Peut-être le temps d'écran.

Formatrice : Toi, t'as l'impression que tu es trop sur tes écrans ou tu te poses des questions là-dessus ?

Lucas : Non, j’y suis moins mais y a des gens qui y sont beaucoup trop.

Formatrice : Ouais ? Et tu le vois notamment dans ton expérience ici dans l’établissement ?

Lucas : Ouais l’école.

Formatrice : Ok. Et ce temps d'écran, par exemple, il se passe quand, dans la journée ?

Lucas : Le matin, on se lève ils vont sur leur téléphone, pour manger, durant leur temps de pause, on est dehors et ils sont encore sur leur téléphone.

Formatrice : Et toi, de base, tu avais aussi un temps d'écran comme ça et tu as changé ? Ou au contraire, t'as jamais vraiment eu ce temps d’écran ?

Lucas : Je l’ai pas eu comme ça mais je l’ai eu un peu, et j’ai réduit.

Formatrice : Tu as réduit. Ok, et comment t'as fait pour réduire ?

Lucas : Ca s’est fait tout seul, naturellement.

Formatrice : Assez naturellement ? Parce que c'est vrai qu'on a beaucoup de témoignages d'élèves qui éprouvent des difficultés à changer leurs habitudes. Donc, c'est assez impressionnant de se dire que toi, ça se fait assez tranquillement.

Lucas : Ici, on capte pas très bien donc on n’a pas trop le choix.

Formatrice : Ah oui, c’est peut-être un atout, effectivement ! OK, bah, écoute, merci, c'est parfait.

 

Témoignage de Juliette

 

Formatrice : Ok, donc la première question que je vais te poser : trouve deux mots qui définissent cette séance selon toi.

Juliette : Pour moi elle a été, c’était sympa et il y a eu beaucoup d’échanges donc, honnêtement non non c’était une super séance, assez communicative

Formatrice : Donc sympa et ton deuxième mot… communicatif. Oui, OK, top. Et qu'est-ce que tu trouvais d'intéressant dans la communication justement ?

Juliette : Le fait qu’on parle un peu de tout, de ce qui peut arriver sur les réseaux, des fake news, de ce qu'il faut faire attention, ce qu'il faut se méfier, les sites où ils disent vraiment la vérité, et voilà, ne pas trop se fier aux réseaux sociaux et qu’il n’y a pas que du bon dessus.

Formatrice : Ok, et de base, c'était des questions que tu te posais déjà ou bien pas tant que ça ?

Juliette : Eh bien moi qui utilise pas les réseaux sociaux, qui en ai pas, du coup, oui oui, je me posais la question de comment ça se passait dessus, etc. Si c'était vraiment si bien que ça. Et au final, bah j’ai ma petite opinion. Je trouve que c'est pas… honnêtement, je me limite à WhatsApp, Discord avec mes amis, Twitch pour regarder des lives etc. Mais, Youtube comme tout le monde mais sinon bah, je préfère me passer de Insta, Snapchat, tout ça.

Formatrice : Donc jamais mis les pieds sur ces plateformes-là ?

Juliette : Non

Formatrice : Ok ! C’est intéressant !

Juliette : Je les connais par des collègues, j’ai des collègues qui montrent des stories. J'en ai déjà parlé avec mes parents. Mes parents sont contre, et j’en ai déjà parlé, et j’ai dit que, voilà, qu’honnêtement, si c’est pour être prise à mon insu, enfin prise en photo ou quoi et être remise sur les réseaux ou avoir mes stories qui sont prises en screen et puis qu’après ce soit repris derrière pour critiquer, ça sert à rien.

Formatrice : C'est très intéressant ton point de vue, parce que c'est assez rare d'avoir des jeunes qui se positionnent déjà comme ça de leur propre volonté, et qui se disent : ok, moi je fais le choix de ne pas y aller. Pour des raisons que je trouve tout à fait pertinentes.

Et du coup je vais poser la dernière question, c'est : quel sujet aimerais-tu approfondir de ton côté ?

Juliette : Il y a un sujet, bah ça a fait beaucoup parler dans les années 2010, un truc comme ça, c’est le cas sur Facebook, ça a été des messages privés, ça a été pris sur WhatsApp, Facebook, messages privés Facebook, un peu tous les réseaux sociaux où ça a été. Le truc « Momo » ou un truc comme ça avec une fille.

Formatrice : Oui Oui.

Juliette : Et ça, c'est un truc super intéressant, puisque les médias, ils ont fait un peu bloc dessus, enfin ils en ont parlé mais ils ont pas vraiment approfondi le truc. Et je trouve l’histoire bizarre.

Formatrice : Et qu'est-ce qui t’intrigue en fait dans le phénomène ?

Juliette : C'est le fait que les gens se retrouvent à avoir d’autres conversations autres que sur Facebook, ‘fin, que la personne arrive à lui parler sur les messages, sur WhatsApp etc. Que ça soit sur d’autres réseaux. Et que, je sais pas, je trouve ça bizarre.

Formatrice : Sans qu'elle l'ait demandé de base ? C'est ça ? Parce que je ne connais pas le phénomène, mais du coup, c'était Momo qui contactait ?

Juliette : C’est ça, et que ça soit des défis. C'est souvent des défis proposés à des gens de notre âge, un peu naïfs, ou souvent dans les cas des enfants qui sont vraiment en dépression etc.

Formatrice : T'as dit que c'était en 2010 que ça s'était passé ?

Juliette : Dans les années 2010 .

Formatrice : Toi tu avais quel âge à ce moment-là ?

Juliette : Oh moi j’avais, j’avais 3, euh, j’avais 2 ans.

Formatrice : Oui, donc, tu l'as pas du tout vécu, effectivement, mais tu en as entendu parler.

Juliette : En gros, en 2010 ça été connu. Et puis moi, quand j'ai grandi, au fur et à mesure, ça continuait. Et ça s’est arrêté, le dernier cas je crois que c’était en 2018. Donc c’est assez récent.

Formatrice : OK. Donc t'as quand même été sensibilisée là-dessus et t’as entendu des gens l'avoir expérimenté.

Juliette : D'où le fait que je sois contente de pas avoir le réseau social, quand c’est des défis comme ça, où t’es obligé de faire quelque chose, parce que sinon, dans tous les cas, c'est « tu meurs » ou « tu meurs ». J'en avais déjà entendu parler, les médias en avaient tellement parlé, ils avaient fait des cas, par exemple y a une gamine qui avait sauté du toit d’une mairie, tout ça, donc ouais ouais c’était…

Formatrice : Les challenges à haut risque, c’est un peu comme ça qu’on appelle ça dans le milieu.

Juliette : Ah oui ? Bah du coup j’avais entendu ça. Et du coup c’est un sujet qui m’intriguait, bah ça permet de sensibiliser aussi.

Formatrice : Mais oui totalement. Puis même tu peux en parler avec tes camarades, notamment sur la notion d'effet de groupe, parce qu'il y a un effet de groupe important en fait.

Juliette : Ah oui, ça oui ! Puis même ici, l’effet de groupe sur les réseaux il est…

Formatrice : Il est très présent ?

Juliette : Ah oui ! Oui oui, c’est « untel traîne avec untel parce que elle a pas sa vie qui est super ». « Traîne pas avec untel parce qu’elle publie ça, c’est gênant ».

Formatrice : Ah intéressant ! Donc la vie sur les réseaux sociaux a un impact également sur votre vie du campus et sur ce que les gens disent des autres, etc. OK, donc, l'image exposée est très importante.

Juliette : Exactement.

Formatrice : OK.

Juliette : Ici c'est beaucoup plus… Nous on juge par les écuries, forcément les patrons. Si untel il est dans cette écurie, il est pas très doué. Si untel il fait ça sur les réseaux, OK il est doué, donc je le garde dans mon groupe d’amis. Et puis comme ici on a des grands noms, donc forcément, dès qu’il y en a un qui fait une perf’, même si elle est nulle, c’est untel donc c’est super. Mais ici, c’est beaucoup… Après c’est le monde qui veut ça, c’est pareil. Bah moi j’ai pas… Moi qui suis pas sur les réseaux je juge que en parlant avec la personne, au visuel.

Formatrice : C'est très intéressant d'avoir ton point de vue. C’est la première fois que je l'entends, donc je trouve ça extrêmement riche. Je pense que dans d'autres établissements il va y avoir le même phénomène qui peut se produire. A mon avis, il y a cette vie virtuelle qui a des conséquences également sur la vie physique. Mais en tout cas merci.


Témoignage de Léa

 

Formatrice : Alors je vais te poser une première question, c'est : qu'est-ce que tu as aimé durant cette séance ?

Léa : J'ai aimé parler des réseaux sociaux, des applications, comme ça, et… heu des dangers d'internet, comme ce qu'on avait fait sur le questionnaire tout à l'heure.

Formatrice : OK. Donc le questionnaire c'est celui auquel tu as répondu en ligne. C'est ça. Ça t'a permis quoi, le questionnaire finalement ?

Léa : D'expliquer mon ressenti tout en restant entre guillemets dans l'anonymat.

Formatrice : Est-ce ce que tu te posais déjà toutes ces questions-là ?

Léa : Non du tout. Je savais que sur Internet, il y avait beaucoup de dangers dessus, mais je ne me suis pas vraiment posé les questions.

Formatrice : OK. Et la deuxième question, c'était la 6, c’est ça que tu m’avais dit ? Penses-tu que le contenu soit adapté à votre public ?

Léa : Oui, bien sûr. Maintenant on est une génération qui est beaucoup, de plus en plus sur les réseaux sociaux et de plus en plus jeune. Donc je trouve ça important d'expliquer les différents dangers qui, par rapport aux applications et surtout aux réseaux sociaux et de ce qu’on peut voir et les fausses informations aussi qu'il y a sur internet. Parce qu'en ce moment, justement, les jeunes, eux, on leur dit quelque chose, ils croient tout ce qu'on dit, tout ce qui est vu sur les réseaux sociaux. Donc, c'est important de les sensibiliser par rapport à ça.

Formatrice : Et quand tu dis que tu penses que les jeunes ont beaucoup plus tendance à croire, etc. T'as des expériences dans ton entourage de personnes qui sont comme ça, même ici, dans l'école ou dans l'établissement ?

Léa : Déjà ma famille, ma sœur, quand elle était plus jeune, et qu’elle voyait quelque chose sur Facebook elle courait dire à ma maman « Ah tu savais pas ça ou machin ? ». Même moi, quand j'étais petite, je regardais des trucs sur Tiktok ou Instagram ou quoi, eh ben j'y croyais alors que c’était des fausses informations.

Formatrice : Et donc t'as eu ce switch de se dire « OK, j'y croyais avant et maintenant je me méfie de ce que je vois ».

Léa : Oui.

Formatrice : Et tu l'as fait toute seule, cette prise de conscience ?

Léa : Oui, en grandissant, je me rends compte que la vérité, c'est pas ce qu'on voit sur les réseaux sociaux.

Formatrice : C'est top que t’aies réussi à en prendre conscience, parce que c'est une preuve de maturité. Merci pour ton interview.

 

Témoignage de Timothée et Mathieu

 

Formatrice : Alors je vais vous poser la première question : qu'est-ce que vous avez aimé durant cette séance? Et je vais commencer… qui veut commencer ? Vas-y Timothée !

Timothée : On a pu échanger. C'était sympa d'avoir pu échanger sur un peu tout ce qui se passe en France. On a pu discuter un peu de tout ce qui se passe sur les réseaux ou en France dans la vie de tous les jours. Non, c'est sympa de pouvoir voir aussi ce qui se passe, qu’on voit pas forcément.

Formatrice : OK, donc, si je retiens de ce que tu me dis, c'est le côté de discuter, de s'exprimer sur un sujet et, en même temps, de découvrir des choses qu'on voit, des choses que vous ne voyez pas forcément au quotidien. OK, très bien. A toi, Mathieu.

Mathieu : Moi je suis d’accord avec Timothée. On peut s’exprimer et dire nos opinions, ce qui peut faire des débats parce qu’on n’est pas tout le temps d’accord. Et puis on a abordé des sujets qu'on n'aborde pas dans la vie de tous les jours. Je trouvais que c'était plutôt intéressant.

Formatrice : Et est-ce que t'as un exemple de sujet en particulier qu'on a abordé ?

Mathieu : Les fausses informations. Par exemple, moi je sais que je fais pas attention si c’est une vraie ou une fausse information sur les réseaux sociaux.

Formatrice : Et je t’avoue que c'est pas facile, maintenant. C'est de plus en plus difficile. Ça demande des efforts d'analyse, de recul, de faire soi-même des recherches. On n'a pas forcément ce temps-là. Donc je trouve ça compréhensible que ce soit compliqué.

Nouvelle question ! Cite-moi une information qui t'a marqué, Timothée.

Timothée : Moi ce qui m'a marqué, c'est que, par exemple sur des photos, qu’ont été faites par des gens, bah c’est pas forcément vrai, ils ont pris des photos, ils ont monté pour mettre leurs idées, et bah c’est pas facile à savoir si c’est vrai ou pas et ça peut nous induire en erreur.

Formatrice : Tout à fait, d'autant que, en tant qu'être humain, notre premier réflexe est de dire que c'est vrai. Les adultes, c'est la même chose. C'est pas que vous, les jeunes, c'est vraiment les adultes qui sont concernés. Et toi, Mathieu.

Mathieu : Ben, moi, je suis d'accord avec Timothée, que je pensais pas que vraiment, il y avait des gens qui s'amusaient à changer des images pour transmettre une autre information. Donc, c’est vrai que c’est intéressant de savoir ça.

Formatrice : Et que c'est très facile à faire. Quand on voit, il suffit juste d'écrire quelque chose qui n'a rien à voir avec la photo et ça y est, on a déjà transformé l’information.

Mathieu : Quand on a vu ça...C'est impressionnant quand même.

Formatrice : Et ça touche à des émotions. On voit le contexte, la photo va nous donner des émotions et donc on va peut-être avoir encore moins de facilité à comprendre, parce que quand on est dans l'émotion, on réfléchit moins bien. Eh ben super. Merci beaucoup pour votre intérêt.